Iannnis Xenakis
XAS

Iannis Xenakis (1922-2001), XAS
Compositeur, architecte, ingénieur civil, Iannis Xenakis est né le 29 mai 1922 à Braïla (Roumanie). Résistant de la Seconde Guerre Mondiale, puis condamné à mort, il est réfugié politique en France en 1947 et sera naturalisé français en 1965.

D'origine grecque, il a étudié à l'Institut Polytechnique d'Athènes avant d'entreprendre des études de composition musicale à Gravesano avec Hermann Scherchen, puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec Olivier Messiaen. De 1947 à 1960, il est collaborateur de Le Corbusier comme ingénieur et architecte.

Inventeur des concepts de masses musicales, de musique stochastique, de musique symbolique; ayant introduit le calcul des probabilités et la théorie des ensembles dans la composition des musiques instrumentales, il fut l'un des premiers à se servir de l'ordinateur pour le calcul de la forme musicale. Pionnier également dans le domaine de l'électro-acoustique, auteur de plus d'une centaine d'oeuvres pour toutes formations, il apparaît aujourd'hui comme l'une des figures les plus radicales de l'avant-garde, ayant inventé la plupart des techniques compositionnelles caractéristiques de la musique d'après 1945, mais aussi l'un des rares créateurs dont la vitalité ne s'est jamais démentie, et qui a, de plus, conquis un large public.

Architecte du Pavillon Philips à l'Exposition Universelle de Bruxelles en 1958 ainsi que d'autres réalisations architecturales telles que le Couvent de La Tourette (1955), il a composé Polytopes - spectacles, sons et lumières - pour le Pavillon français de l'Exposition de Montréal (1967)

XAS (1987)
pour quatuor de saxophones

Anagramme de « sax », ce titre est aussi une contraction du nom du compositeur (XenAkiS). Dans cette œuvre composée pour le quatuor Raschèr, le compositeur considère le quatuor comme un instrument so­liste, mais polyphonique. Proche à cet égard de l’écriture de Xenakis telle qu’elle se présente depuis les arbo­rescences d’Evryalipour piano, la partition illustre la fidélité du compositeur à son choix d’embrasser les masses sonores, lesquelles sont souvent très rapides, à l’exception de quelques courts solos qui pré­sen­tent une harmonie complexe comprenant des quarts de ton et des multiphoniques. Rude et austère, l’œuvre met en scène des sons inouïs mais qui s’insèrent dans une forme facilement compréhensible : on at­teint une saturation, après quoi l’on se déplace vers une extinction du matériau — une autre caractéristique typique des compositions de Xenakis.