Jacob ter Veldhuis
The Garden of Love
Grab it!

Pitch Black

Jacob ter Veldhuis débute sa carrière en tant que musicien de rock. Par la suite, il étudie la composition et l'électronique au Conservatoire de Groningen.   Compositeur indépendant, il se fait connaître dans les années 80, dans des oeuvres où, sans pour autant tomber dans la mièvrerie, la mélodie tient une place importante. Il fait un usage intéressant de l'électronique en incorporant dans ses oeuvres des échantillons sonores de la Guerre du golfe, de Chet Baker, du Jerry Springer Show etc. Ses oeuvres sont jouées très régulièrement tant en Hollande qu'à l'étranger. Parmi les interprètes de ses oeuvres mentionnons, le Royal Concertgebouw Orchestra , le Netherlands Quartet, le Quatuor de saxophones Aurelia, Electra, l'Ensemble de musique contemporaine de Moscou, Philharmonie Haarlem et le Nederlands Blazersensemble. Il a également collaboré avec plusieurs chorégraphes notamment Hans van Manen et Nanine Linning. Enregistrées sur plus d'une trentaine de DCs, ses oeuvres ont été jouées dans de nombreux pays d'Europe, ainsi qu'en Amérique du Nord, en Australie, et en Asie.

Figure controversée pour certains, Jacob ter Veldhuis souhaite sortir la musique contemporaine de son isolement. Il utilise la mélodie et la tonalité, d'une manière qui paraît provocante pour certains tout en ayant le mérite de rejoindre directement les autres.

jacobterveldhuis.com

GRAB IT ! (1999)
pour saxophone ténor et « ghetto blaster »

Pour moi le saxophone fait partie intégrante de l'histoire récente de la musique américaine. Ayant grandi dans les années 60, au son du blues, du jazz et du rock, la musique américaine a eu une grande influence sur moi. Selon moi, les racines de ces différents genres musicaux puisent leurs sources dans la langue américaine parlée et je crois, d'une manière plus générale, que le langage est à l'origine de la musique.

Dans GRAB IT ! j'ai exploré le « no-man's-land » se situant entre le langage et la musique. Pour réaliser la bande, j'ai choisi des échantillons de voix provenant d'un vieux documentaire américain intitulé Scared Straight. Celui-ci a pour sujet la délinquance juvénile et des condamnés à perpétuité y 'jouent' un rôle important. J'ai été très touché par la dureté des paroles de ces hommes vivant en marge de la société. GRAB IT! est en quelque sorte un duel entre le saxophone ténor et la bande. Au fil de la pièce, le sens des paroles devient graduellement plus clair, mettant en évidence la situation désespérée des ces prisonniers. : « He tied one end around the pipe, and he hung himself. So he went out the back door rapped up in a green sheet with a tag on his toe... You lose everything! » En un sens, le couloir de la mort (death row) est une métaphore de la vie. Cependant la pièce n'est pas que pessimiste, on peut aussi la saisir comme un appel à la vivre pleinement. La vie vaut la peine d'être vécue : Grab it!

GRAB IT! est régulièrement joué par des solistes à travers le monde. J'ai également réaiisé en 2003 GRAB IT! XXL, une version de la pièce pour saxophone solo, big band et orchestre à cordes. Cette pièce a été commandé par le Fonds voor de Scheppende Toonkunst à l'intention d'Arno Bornkamp.

Jacob ter Veldhuis

Pitch Black (1998)
pour quatuor de saxophones et boom box (DC)

Pitch Black, pour quatuor de saxophones et « ghetto blaster » a été écrite pendant l'été 1998 pour le Aurelia Saxophone Quartet, avec le soutien de l'« Almelo Chamber Music Society » et du Fond néerlandais pour la création de la musique. Le « ghettoblaster » reproduit la voix du trompettiste Chet Baker, tirée d'une de ses dernières entrevues donnée avant sa mort tragique : le musicien est tombé du haut de la fenêtre d'une chambre d'hôtel à Amsterdam en 1988.

Baker y parle de son passé de toxicomane, de sa vie en prison (« it was pitch black in there you know »), de sa première audition avec Charlie Parker (« among 40 other trumpet players - or were there 60? ») où il joua sans batterie (« more cool »). Le discours du trompettiste forme naturellement des mélodies de langage parlé, qui ont été utilisées comme thèmes musicaux de Pitch Black .

L'oeuvre fait partie d'un ensemble de compositions avec « ghettoblaster » du compositeur Jacob Veldhuis, dont font aussi partie « May this bliss never end », « Lipstick », « Grab it! » et « Heartbreakers ».

Quasar présentait Pitch Black en première canadienne le 3 mars 2007 dans le cadre du Festival Montréal Nouvelles Musiques.

 

 

Pitch Black

GRAB IT!