Luc Marcel
Miroir des vents
Luc Marcel est né à Charlemagne en 1962, au Québec. Après avoir fait ses études auprès de Serge Garant, il poursuit sa formation auprès de Michel Longtin avec qui, il complétera sa maîtrise à l’Université de Montréal en 1992.
Son style musical trouve sa source dans le plaisir de l’écriture et de la communication. La mélodie, l’harmonie, la structure ainsi que tous les paramètres qui en découlent, doivent s’infléchir et répondre à un besoin d’expression et de communication d’énergie qui demeure la source première de sa motivation.
Le catalogue de Luc Marcel compte des œuvres de plusieurs genres musicaux passant de l’instrument solo au grand orchestre. Il provient en partie de commandes qui lui ont été faites entre autres, par l’ensemble Arraymusic (Toronto), le St-X Ensemble Xenakis (New York), l’Ensemble Solange (New York), le Johnny Reinard & Ensemble (New York), le Winnipeg Symphony Orchestra, le Die Reihe Ensemble (Vienne), le AFMM (American Festival of Microtonal Music) (New York), le Continuum Ensemble (Toronto), le 21e Festival international de saxophone (Montréal), le Quatuor Bozzini (Montréal), le NEM (Nouvel Ensemble Moderne) (Montréal) et le pianiste Louis-Philippe Pelletier (Montréal).
Il a également écrit « Entre la mémoire et l'oubli », musique de danse pour le chorégraphe Paul-André Fortier, créé à Montréal en 1995 par Montréal Danse et par la SMCQ (Société de musique contemporaine du Québec). Son répertoire comporte un second ballet ,« Wind », créé à Toronto en 1995 pour le chorégraphe Bill James et enregistré à New York par le Chronos Saxophone Quartet en 1997.
De plus, il a participé à la Symphonie du Millénaire, une création collective écrite par 19 compositeurs québécois pour 14 ensembles, présentée le 3 juin 2000 sur le site de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal.
Miroirs des vents (2001)
pour quatuor de saxophones
Miroir des vents a été commandé par Quasar avec le soutien du Conseil des arts du Canada. Cette pièce a été créée le 25 janvier 2002, au Studio du Musée Juste pour rire, à Montréal, dans le cadre du concert L'infini présent.
Cette pièce s’inscrit dans mes réflexions musicales entreprises lors de l’écriture du ballet Wind, en 1996.
Miroirs des vents se construit à partir d’un mouvement global créé par diverses lignes mélodiques qui réfère à la trajectoire persistante d’un feu lumineux se déplacant rapidement dans un espace noir. Le mouvement de ce trait fin, brillant et continue se mouvant dans l’obscurité, devient le fil directeur sur lequel les lignes mélodiques produisent un effet de transe de par la rapidité constante de leurs mouvements successifs. Contrairement à ce que l’on pourrait initialement croire, ce rapide discours musical vise à créer un concept de stabilité. Un climat toutefois fort différent, au niveau de la perception psychologique, de celui qui serait développé à partir de sons longs.
La densité du discours est un aspect important dans cet œuvre : la ressemblance de certaines lignes et la charge persistante du discours engendrent une sensation de profondeur sonore, laissant libre cours à l’auditeur d’errer au niveau de son choix. Il ne faut pas chercher à tout suivre et à tout entendre, mais il faut plutôt se laisser entraîner par une des épaisseurs proposées jusqu’à ce qu’un climat de distorsion s’installe et ramène l’attention en un point commun. Avec Miroirs des vents, il faut voir une sorte de musique kaléidoscopique... un genre de maison aux miroirs où tous les éléments sont réflétés d’une manière déformée, dû aux multiples torsions réalisées par divers jeux de miroirs.
Luc Marcel |