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André Hamel
À huit
Brumes matinales et textures urbaines
Artiste polyvalent, André Hamel s'intéresse autant à la création qu'à ses conditions de production. À ce titre, il possède une longue expérience. En 1985, avec d'autres musiciens, il fondait la SOCIÉTÉ DES CONCERTS ALTERNATIFS DU QUÉBEC (Codes d’Accès) dont il fut président de 1987 à 1990 et membre du conseil d’administration de 1985 à 1991 de même que de 1994 à 1996. En 1992 il fondait, en compagnie d’Alain Lalonde et d’Alain Dauphinais, ESPACES SONORES ILLIMITÉS, collectif voué à la spatialisation musicale. À titre de chargé de projet, il a travaillé, pour CODES D’ACCÈS, à la conception et à la réalisation de Musiques-échange Québec-Belgique 1996. Depuis septembre 2000, il est membre du comité artistique de la SMCQ.
En tant que compositeur, André Hamel est joué de façon régulière depuis le milieu des années 80. On a pu entendre ses œuvres en concert à Montréal, à Bruxelles, à Toronto, à Sofia, à Bologne, à Vienne, à Miami et à Lyon. La plupart de ses œuvres ont été diffusées à la radio de Radio-Canada et certaines sur les ondes de la Radio Suisse-Romande. Il s’est vu attribuer diverses commandes, entre autres par la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), l’ensemble de percussion Polyrithmia (Bulgarie), la Société Radio-Canada, le Musée Pointe-à-Callière (Symphonies portuaires Pointe-à-Callière 1997 ), le Centre de Musique canadienne, le Théâtre La Chapelle de Montréal, le duo de piano Morel-Nemish de même que le violoncelliste français Benjamin Carat. En juin 2000, il participait avec 18 autres compositeurs du Québec, à la Symphonie du millénaire. En mai 2004, il signait, pour la compagnie La Nef, la musique du spectacle multidisciplinaire Urnos.
En juillet 1997, le jury du 6e Concours international de composition Goffredo Petrassi (Fondation Arturo Toscanini, Parme, Italie) décernait à André Hamel une mention spéciale du jury pour son œuvre pour orchestre L’absurde Travail. En 1998, il obtenait, du Conseil québécois de la Musique, le prix Opus de la Création de l’année pour son œuvre In auditorium. En 2000, André Hamel se voyait attribué, par le Conseil des Arts du Canada, le Prix Joseph-S.-Stauffer. Plus récemment il obtenait une résidence au Studio du Québec à New-York où il séjourna du 1er juillet au 31 décembre 2003.
À huit (2001)
pour huit saxophones (SSAATTBB)
D’abord une idée. Utiliser très largement les sons multiples (technique par laquelle un instrument monodique peut émettre plus d’une note). Mais aussi, utiliser ces sons d’une façon structurelle. Émanciper la technique de l’usage courant qu’on en fait. Aller au-delà de l’effet sporadique, de l’ajout. Intégrer organiquement les multiphoniques au langage. En conditionner ce dernier.
Mais comment y arriver ? Et surtout, comment travailler. En tant normal, le compositeur de musique instrumentale a à sa disposition une matière sonore connue dont les combinaisons sont relativement prévisibles. Il est loisible, par exemple, d’imaginer le résultat de la superposition en sixte d’une clarinette et d’une flûte jouant dans un registre donné. Avec un peu d’expérience, on peut avoir une très bonne idée de la sonorité qui sera ainsi obtenue.
Mais il en allait tout autrement ici. En effet, comment imaginer à l’avance le résultat produit par la superposition de sons aussi complexes ? Et qui plus est, lorsqu’on en superpose cinq, six, voire huit ? Il me fallait faire autrement. Il me fallait trouver une façon de composer qui soit en lien direct avec la matière sonore. Un peu à la manière des électroacousticiens, mes choix se devaient d’être déterminés non pas par une espèce de prospective préalable à la réalité sonore, mais plutôt par la matière sonore elle-même.
Pour ce faire, j’ai demandé à chacun des membres de Quasar d’identifier une vingtaine de sons multiples, autant que possible variés, et avec lesquels ils étaient à l’aise. J’ai enregistré ces sons et les ai par la suite échantillonnés de manière à pouvoir les reproduire directement à partir de la partition réalisée à l’ordinateur. Mais contrairement aux électroacousticiens, le résultat ainsi obtenu ne devenait pas le résultat final. Ce fut pour moi un outil de travail et À huit reste, en ce sens, une œuvre instrumentale.
Là ne s’arrêtent pas cependant les références à la musique électroacoustique (plus spécifiquement à l’acousmatique). De ça vous pourrez juger par vous-même.
À huit a fait l’objet d’une commande du Théâtre La Chapelle à l’initiative de Quasar. Elle y fut créée le 26 avril 2001 dans le cadre d’un concert coproduit par la SMCQ. L’écriture de l’œuvre a bénéficié de l’aide financière du Conseil des Arts du Canada.
André Hamel
Brumes matinales
pour quatuor de saxophones et traitement numérique
Après une nuit de volupté, ils se sont arraché aux langueurs matinales, ont pris une douche, se sont habillés, se sont fait du café, ont mangé un peu puis, sans dire mot, se sont engouffrés dans le tourbillon diurne des activités humaines.
Commande de Quasar, Brumes matinales a bénéficié de l'appui du Conseil des arts et des lettres du Québec. |