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Nicolas GiIbert
La vie quotidienne
Essai sur l'ennui
Wei Fanghua seule au Parc des Paysages Assemblés
Nicolas Gilbert (*1979) a étudié la composition et l’analyse au Conservatoire de musique de Montréal, auprès de Michel Gonneville et de Serge Provost, ainsi qu’à l’université McGill, auprès de John Rea.
Son catalogue comprend une trentaine d’œuvres de musique de chambre, de musique vocale et de musique orchestrale qui ont été entendues dans le cadre de séries de concerts et de festivals à Montréal, Toronto, Chicago, Mexico, Lima, Paris, Lyon, Milan, Berlin, Amsterdam, Belgrade, Varsovie, Pékin, Shanghai ainsi que dans plusieurs autres villes d’Amérique, d’Europe et d’Asie. Le Conseil Québécois de la musique lui a décerné, depuis 2005, quatre Prix Opus dont celui du Compositeur de l’Année 2007-2008. Sa musique a par ailleurs été primée dans le cadre du Concours International Kazimierz Serocki (Pologne, 2006), du Concours International Lepo Sumera (Estonie, 2003) et du Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN (Canada, 2004, 2005, 2007, 2008, 2009). Depuis 2000, il a reçu de nombreuses bourses des conseils des arts du Québec et du Canada ainsi que du Fonds Québécois de Recherche sur la Société et la Culture.
Sa musique est jouée par des ensembles tels que l’Ensemble Contemporain de Montréal, le Nouvel Ensemble Moderne, la Société de Musique Contemporaine du Québec (SMCQ) le Quatuor Molinari, le Trio Fibonacci, Quasar, Constantinople, Bradyworks, Continuum (Toronto), Kaida (Amsterdam), ICE (Chicago), l’Orchestre Symphonique de Vancouver, l’Orchestre de la Radio Polonaise, l’Orchestre Symphonique National d’Estonie et par de nombreux solistes tels que Matt Haimovitz, Benjamin Carat (Lyon), Janice Jackson (Halifax) et Thomas Piercy (New York).
Nicolas Gilbert a été artiste en résidence à la radio de Radio-Canada pour l’année 2006, compositeur résident à la Chapelle historique du Bon-Pasteur de Montréal de 2003 à 2005 et président de la société de concerts Codes d’accès de 2002 à 2004. Il est membre du comité artistique de la SMCQ et vice-président du Conseil régional – Québec du Centre de Musique Canadienne.
Il est également l’auteur de deux romans parus chez Leméac : Le récital (2008) et Le joueur de triangle (2009).
www.nicolasgilbert.net
La vie quotidienne (2010)
Pour quatuor de saxophones et dispositif électronique
Les gestes quotidiens de François Meunier n’ont rien de bien particulier. Les bruits de son existence sont, somme toute, assez semblables à ceux de mon existence, à ceux de la vôtre. Pourtant, c’est bien de ces gestes et de ces bruits qu’il est question ici. Lorsque François Meunier m’a raconté sa journée du 11 novembre 2009, j’ai tout de suite senti qu’il y avait là quelque chose de musical qu’il m’appartenait de faire ressortir.
La vie quotidienne est une commande de Quasar rendue possible par le soutien du Conseil des Arts du Canada. La partie électroacoustique a été réalisée à matralab (Université Concordia).
Essai sur l'ennui (2003)
pour saxophone baryton solo
Cette pièce fait partie d’un cycle d’essais musicaux. Elle suit l’Essai sur la séduction, l’Essai sur le dLa pièce se présente en quelque sorte comme un exercice de concentration et d’écoute pour l’auditeur. Le matériau musical utilisé est extrêmement minimal et son développement est lent et continu. L’attention doit être portée sur les détails de ce développement, le matériau de base devenant un personnage qu’on suit à travers différentes situations et différents états, dans l’espoir d’une dénouement quelconque.
Essai sur l'ennui a été créé par Jean-Marc Bouchard le 12 décembre 2003 à la Chapelle historique du Bon-Pasteur (Montréal).
Wei Fanghua, seule, au Parc des Paysages Assemblés pour quatuor de saxophones et voix de soprano
J’ai écrit cette pièce avant mon premier séjour en Chine. À l’époque où je ne voyais le pays de mes rêves que les yeux fermés. Cette image de la Chine, peuplée de princesses et de beaux grands drapeaux rouges, je ne l’ai jamais vraiment retrouvée. Mais il en reste sans doute quelque chose dans ma Chine d’aujourd’hui, la vraie, peut-être. Je me souviens d’un jeune peintre que j’ai rencontré là-bas. Il vivait dans une minuscule pièce de béton où s’entassaient toiles abandonnées, brocantes en tous genres destinées à faire partie d’une éventuelle sculpture, et une quantité étonnante de petites figurines d’argile. Il m’a un jour confié que son plus grand rêve n’était pas de s’enfuir au Canada, comme plusieurs, mais de devenir le plus habile dresseur d’oiseaux de la Chine. Lorsque je lui ai demandé pourquoi un si curieux rêve, il m’a répondu en ces termes : « Je veux apprendre aux pinsons de la Colline Parfumée à chanter la Turangalila-Symphonie de Messiean. Messiaen a d’abord conçu cette œuvre pour qu’elle soit interprétée par des oiseaux, ce n’est que par dépit qu’il en a fait une œuvre orchestrale. Ça s’entend. » Moi, je crois qu’il y arrivera. Il est très près des oiseaux et les oiseaux, très près de lui. Il y a encore du rêve en Chine. Certains disent qu’il s’y trouve certaines choses qu’un regard lucide ne peut supporter. Or, je suis tout sauf lucide, tout le monde me le dit, mais il m’arrive parfois de baisser le regard.
Wei Fanghua a été créé par Quasar et la soprano Émilie Laforest, le 25 janvier 2002, dans le cadre du concert L'infini présent présenté au Studio du Musée Juste pour rire, à Montréal.
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