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Walter Boudreau
Demain les étoiles Walter Boudreau est un chef très apprécié de plusieurs ensembles et orchestres au Canada et à l'étranger. Compositeur prolifique, il a signé à ce jour plus d'une cinquantaine d'oeuvres pour orchestre, ensembles divers et solistes, une quinzaine de partitions de films et de théâtre et deux musiques de ballet. Récipiendaire de plusieurs bourses du Conseil des arts du Canada, il étudie en Europe et aux Etats-Unis avec Mauricio Kagel, Karlheinz Stockhausen, György Ligeti, Olivier Messiaen, Iannis Xenakis et Pierre Boulez. Premier Prix du premier Concours National de Radio-Canada pour les jeunes compositeurs (1974), Prix Jules Léger pour la nouvelle musique de chambre (1982) et Grand Prix Paul Gilson de la communauté des radios publiques de langue française (CRPLF) à Paris en 1991.
Directeur artistique et chef attitré de la Société de musique contemporaine du Québec depuis 1988, son travail a été récompensé par le prestigieux Grand Prix 1991 du Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CACUM). En 1998, Boudreau obtenait le prix Opus du «Compositeur de l'année», décerné par le Conseil québécois de la musique. Le Conseil des Arts du Canada lui décernait en juin 2003 le Prix Molson dans le domaine des arts. Il a été en résidence au Toronto Symphony Orchestra de 1990 à 1993 et codirecteur artistique avec Denys Bouliane du Festival Musiques-au-présent de l'Orchestre symphonique de Québec de 1998 à 2000. Avec ce dernier, il a également assumé la direction artistique de La Symphonie du millénaire , une oeuvre collective de 19 compositeurs montréalais, créée le 3 juin 2000 et réunissant 333 musiciens. L'immense succès de cette initiative lui a valu le prix Opus «Événement musical de l'année». Toujours avec Bouliane, en mars 2003, il mettait sur pied la première édition du festival international Montréal/Nouvelles Musiques. Sa musique a été jouée au Canada, aux États-Unis, en France, en Belgique, en Allemagne, en Pologne ainsi qu'en Finlande.
Demain les étoiles (1981)
pour 12 saxophones
Commandée en 1981 par Jean-Marie Londeix pour l’Ensemble international de saxophones de Bordeaux, grâce à une subvention du Conseil des arts du Canada, la pièce Demain les étoiles utilise tous les instruments de la famille du saxophone (sopranino, soprano, alto, ténor, baryton, basse) regroupés en trois formations de quatuor. Composée spécialement pour être jouée dans l’église romane de Fronsac (près de Libourne) où elle fut créée en mars 1982 cette oeuvre propose un trajet à travers les neuf planètes principales du système solaire (Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton) qui nous mènera aux confins du système solaire, donc aux étoiles, d’où le titre, bien sûr.
Deux grands principes fondamentaux vont continuellement s’affronter pendant toute la durée du discours: synchronicité/a-synchronicité, ainsi que toute une série d’étapes intermédiaires entre ces deux pôles, créant par le fait même des frottements qui sont l’origine des multiples tensions-détentes, présentes tout au long de l’oeuvre. Inspirée essentiellement par l’idée d’imitation, source quintessentielle de tout contrepoint, cette musique simule en quelque sorte, les rapports simples du spectre harmonique tout en variant continuellement ses composantses. Il n’y a donc qu’une seule musique, une seule voix qui se fractionne, se cherche, s’interpelle, se renvoie à elle-même, se contredit ou s’harmonise, selon le cas.
Contrairement à ce que Baudelaire écrivait dans l’Invitation au voyage à propos d’un lieu imaginaire et idéal où tout ne serait que " luxe, calme et volupté ", la musique de Demain les étoiles explore le son dans un état que je qualifierais de " brut ", en hommage à cet architecture romane où l’on sent que l’esprit humain veut transcender, par le travail de la pierre, sa condition terrestre et accéder à l’infini. |