Simon Bertrand
Une toile pour Ligeti
Hommage à Wim Wenders

Simon Bertrand a d'abord obtenu une formation multi-instrumentale au Conservatoire de Musique de Montréal où il étudia la clarinette et le saxophone avant de débuter des études de composition auprès d'André Prévost à l'Université de Montréal. De 1989 à 1998, il réside en France ou il étudie le saxophone classique, puis pendant trois ans l'écriture auprès de Marcel Bitsch, l'analyse et la composition auprès de Claude Ballif, sous l'égide duquel il achève ses études en 1994 avec un 1er Prix de composition à l'unanimité, premier nommé.

Plus récemment, de 1998 à janvier 2001, grâce à l'aide du Conseil des Arts et Lettres du Québec puis du Ministère des Affaires Culturelles du Japon, il séjourne au Japon ou il écrit de nombreuses oeuvres pour instruments traditionnels Japonais tels que le Koto, le Shakuhashi et le Shinobue, et est conférencier invité par les Universités Toho Gakuen de Tokyo et Elizabeth d'Hiroshima.

Son catalogue dune trentaine d'oeuvres est principalement constitué d'oeuvres écrites pour instrument seul ou petites formations qui sont interprétées ou enregistrées dans de nombreux pays dont, notamment, en France, aux États-Unis, au Japon, aux Pays-bas, au Danemark, par divers solistes ou ensembles tels le Trio Maurice Duruflé, la soprano Elena Vassilieva, l'Ensemble Nishikawa, l'Ensemble Pro Musica Nipponia, Kifu Mitsuhachi (Shakuhashi), Catherine Brisset(Cristal Baschet), l'ensemble 20ième siècle de l'OSQ, Le Trio Contrastes, le New Danish Saxophone Quartet, le flûtiste Guy Pelletier, les clarinettistes Simon Aldrich et Jean-Guy Boisvert et le Nouvel Ensemble Moderne (NEM). Plusieurs de ses oeuvres ont aussi été diffusées sur les ondes de Radio-France, Radio-Canada et NHK (Japon).

Sa musique, en marge des écoles et dogmes est caractérisée par un grand dépouillement et l'épuration du materiau sonore utilisé, issu d'éléments de la tradition contemporaine occidentale du 20ième siècle mais aussi déléments issus des musiques extra-européennes. Les musiques de Messiaen, Scelci, Ligeti, Feldman et Vivier y sont sources d'influences tout comme les musiques traditionnelles d'Orient.

Il réside depuis 2001 à Montréal où il a été, compositeur en résidence à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur (2001-2003). Il poursuit présentement un doctorat en composition à l'Université de Montréal.

Hommage à Wim Wenders (2004)
pour quatuor de saxophones (SSTB)

Cette pièce est un triptyque inspiré de trois films du cinéaste allemand Wim Wenders.L'oeuvre est entièrement faite à partir de gestes musicaux extrêmement simples, issus de modes, échelles sonores et progressions harmoniques diverses. Outre le travail polyrythmique et polyphonique avec les quatres saxophones, le discours musical laisse aussi surgir plusieurs monologues et dialogues.

En ce qui concerne la musique et son lien avec les trois films, voici quelques pistes pour l'auditeur, en espérant qu'il pourra, qu'il ait vu ces films ou non , être imbibé de leur atmosphères.

1. Les ailes du désir
Solitude de deux anges qui voient sans être vus...
Désir de l'un d'entre eux de vivre l'impossibilité des vivants.
Chutes et envolées, vertiges, dialogues, questionnements.

2. Tokyo-ga (Haîku loop)
Hommage de Wenders à Ozu, cinéaste du non-dit et de l'imperturbable âme   japonaise survivant aux tourments du 20éme siècle...
Statisme, mouvement, introspection, lumière.

3. Paris-Texas
Road-movie autour de la fuite, la solitude, l'oubli et la mémoire.
Appels, monologues, souvenirs, apaisement par l'abandon.

L'oeuvre est dédiée à Wim Wenders et aux merveilleux musiciens du quatuor de saxophones Quasar, qui m'a commandé l'oeuvre.
S.B

 

Une toile pour Ligeti
Création : 25 novembre 2006
À tout vent