Luciano Berio (1925-2003)
Canticum Novissimi Testamenti II
Né en 1925 à Oneglia sur la Riviera italienne, initié à la musique par son père organiste, Luciano Berio a étudié avec Ghedini, Giulini et Dallapiccola. Il est reconnu internationalement autant comme compositeur et chef d'orchestre que comme professeur. Il a enseigné entre autres à Darmstadt, à Harvard et à la Juilliard School of Music à New York. Bien qu'il ait abordé à peu près tous les genres musicaux, Berio se révèle un passionné de la voix. De fait, ses recherches vont aborder tous les registres vocaux (chant, parole, rire) dans un travail de décomposition-recomposition permanent. Fondateur avec Bruno Maderna d'un studio de phonologie à Milan (1955), il fait la rencontre du groupe d'écrivains italiens d'avant-garde Gruppo 63 au début des années 60. Cette rencontre s'avère déterminante et il en résultera de nombreuses collaborations en particulier avec Umberto Eco , Italo Calvino et Edoardo Sanguineti.
Canticum Novissimi Testamenti II (1989-91)
pour huit voix, quatre clarinettes et quatuor de saxophones
Texte extrait de Novissimum Testamentum d'Edoardo Sanguineti
S'approcher musicalement de la dernière «anti-poésie» de Sanguineti devient toujours plus ardu et, sans doute pour cette même raison, plus gratifiant. L'un des aspects les plus complexes et nouveaux de la production récente de Sanguineti est sa simplicité. C'est une poésie habitée par des images quotidiennes, par des stéréotypes sentimentaux, par des figures âpres et amères, par des inventions ironiques, par des parodies et des citations qui se poursuivent dans une sorte de chambre d'écho de la mémoire où quotidien et universel, banal et spéculatif, privé et politique, se fondent dans une construction rigoureuse et parfois implacable.
En 1988, je me suis approché pour la première fois du Novissimum Testamentum de Sanguineti avec une courte oeuvre chorale. Dans cette nouvelle tentative de pénétrer musicalement la «simplicité» du poème, j'ai essayé de développer cette chambre d'écho de la mémoire en associant des plans sonores distincts et parallèles. Il s'agit, évidemment, d'une oeuvre in progress (j'y ai employé une partie seulement du texte original), construite selon des critères modulaires et ouverte à des nouveaux développements.
Canticum Novissimi Testamenti II est dédié à la mémoire de Massimo Mila.
L. B |